A la recherche de la bonne formule. Voilà le résumé
du travail de Frédéric Antonetti depuis la fin de saison dernière. Et la bonne formule, elle commence à se dessiner pour faire de l’équipe rennaise une des meilleures du pays actuellement. Tout a
commencé lors du mercato d’été où l’objectif était de corriger et améliorer les points faibles de l’exercice précédent.
Il est inutile de revenir sur les recrues dont on parle beaucoup : Costil, Pitroipa, Féret… C’est le mercato le plus réussi depuis des années. Je souhaiterais juste revenir sur l’arrivée de
Youssouf Hadji que j’ai accueilli comme une excellente nouvelle le 30 août dernier. Il ne représente peut-être pas l’avenir mais c’est à mon sens un apport qualitatif au moins aussi bon que
l’aurait été Mevlut Erding. Puissant et travailleur, doté d’une bonne technique, il apporte déjà beaucoup à l’équipe et à l’effectif. Il le prouve du reste en ayant marqué 3 buts en 3
titularisations. Son transfert est une excellente réussite.
Où l’on s’aperçoit également que le paysage du football français évolue doucement, puisqu’un club comme Bordeaux a été économiquement incapable de le faire venir, malgré un prix
« réduit ».
La mayonnaise offensive prend, et je prends comme exemple le bon début de saison de Montano qui fait plutôt plaisir. C’est un joueur que j’ai beaucoup critiqué, et dont l’adjectif qui lui allait
si bien l’an passé était « dispensable ». La concurrence, et l’entourage immédiat sur le terrain lui vont finalement bien, ce qui n’est pas forcément le cas malheureusement de Razak
Boukari parti en ce début de saison sur les mêmes bases du printemps. Montano est en quelque sorte une demi-recrue.
Face aux blessures récurrentes de l’an passé, Antonetti a voulu pour cette saison un groupe très homogène pour ne pas pénaliser la saison et les différentes compétitions proposées. Force est de
constater qu’il doit encore cette année jongler avec les absences. Pour l’instant le préjudice est minime car l’effectif est effectivement plus complet. Mais on n’a pas pu réellement voir comment
le coach concevait son turn-over. Si ce n’est qu’il y a pour lui 2 pièces maitresses dans l’équipe, qu’il a voulu faire souffler contre Madrid : Pitroipa et M’Vila? D’ailleurs, la question
était de savoir si l’équipe pouvait jouer de façon compétitive sans M’Vila, tellement le jeune joueur a pris de l’importance dans le jeu. Je pensais même qu’on en était tout simplement
indépendants. Le match de jeudi dernier a pu lever quelques doutes : le Stade Rennais a pu tenir la route même s’il a manqué un peu de technique pour poser le pied sur le ballon. C’est tout
de même très rassurant pour la suite.
Au sein de l’effectif, je crains quand même qu’on ne puisse pas compter sur Brahimi qu’on ne peut pas avoir un match entier, ni même une mi-temps. Le jour où il sera apte, ce sera même à
considérer comme une recrue ?
Une équipe type semble se dessiner depuis le début de la saison : Costil – Danzé, Kana-Biyik, Mangane, Théophile-Catherine – M’Vila, ?, Féret – Montano, Hadji, Pitroipa. Une équipe qui
a fière allure, et qui effectivement a de la ressource derrière. L’incertitude concerne le « 8 » où Antonetti jongle au gré des matchs entre Pajot, Doumbia et Tettey. Cherche t il son
« meilleur » joueur ? Est-ce sa variable d’ajustement en fonction de l’état de forme général de l’équipe, ou en fonction de l’adversaire ? Toujours est-il que Pajot semble
tenir la corde.
Il est peut-être encore un peu tôt pour tirer des conclusions sur le niveau de l’équipe mais certains joueurs se détachent, en bien ou en mal d’ailleurs, avec ces 2 premiers mois de compétition.
Concernant les satisfactions principales, citons M’Vila qui est en ce moment au sommet de son art comme l’autorise l’expression. C’est le régulateur de l’équipe, la rampe de lancement, à tel
point que son état de forme conditionne presque le résultat final d’un match. A 21 ans il a désormais autant d’importance qu’un cadre de 30 ans. Il y a 2 ans et demi, lorsqu’il n’avait pas encore
fait une seule apparition en Ligue 1, je l’annonçais déjà comme le futur capitaine de l’équipe de France. Il n’en est peut-être déjà ( !) plus loin. Costil est également une très grosse
satisfaction. Il a déjà fait oublier le malheureux Douchez. Voilà un joueur qui doit être heureux de sa trajectoire et d’avoir trouvé un club compétitif de Ligue 1 pour asseoir sa carrière.
Enfin, je suis bien embêté pour trouver le troisième homme de mon Top 3 de début de saison. Je vais citer Féret, qui malgré des prestations parfois en demi-teinte, semble s’être imposé dans
l’équipe à un poste difficile, celui de meneur de jeu. Si Féret n’est pas un joueur génial, il est capable de fulgurances et de bonnes passes, et c’est un profil qu’on n’avait pas auparavant. Au
rayon de mes propres satisfactions, je voudrais citer également pour des raisons différentes Pitroipa, comme tous, Mandjeck, Dalmat et Kana-Biyik. Egalement Hadji et Montano, mais j’en ai parlé
un peu plus haut.
A l’inverse, Mangane a loupé son début de saison. La fébrilité de la défense, on la lui doit. J’espère que ce n’était que passager, et sa blessure est peut être venue au bon moment, afin de
pouvoir le relancer. En tout cas, un Mangane au niveau de la première partie de saison dernière donnerait plus de stabilité défensive à l’équipe et surtout un potentiel de très grosse équipe de
Ligue 1. Kembo est pour moi également une déception. Ce joueur a beaucoup de qualités : percussion, débordements, vitesse, spontanéité. Mais toutes ses qualités sont le plus souvent effacées
par de mauvais choix dans la zone de vérité : il est souvent personnel et loupe son dernier geste. C’est un joueur qui peut avoir le niveau mais qui reste à former serais je tenté de dire.
Il peut faire beaucoup mieux avec un minimum d’altruisme. Je citerai enfin Danzé. Le vice-capitaine pour cette saison est un joueur essentiel à l’équipe, garant de son identité, un joueur
intelligent, discipliné. Mais on le sait tous, un joueur limité, et qui réussit malgré tout à se hisser au niveau. A tel point, que je me dis qu’on peut en attendre plus. Pas forcément sur le
terrain où il donne souvent satisfaction avec ses qualités et ses défauts, mais aujourd’hui il est temps pour lui de prendre plus de moi moral dans l’effectif. Il est devenu un cadre et ça ne se
voit pas sur le terrain. Je dis souvent qu’un club de Ligue 1 doit avoir des éléments (joueurs ou dirigeants) capables de hisser l’équipe à un meilleur niveau de ressources morales. Danzé peut
être un de ceux là.
On ne va pas faire la fine bouche : avec un début de saison globalement réussi, l’équipe nous fait vraiment plaisir cette année. Les résultats sans être géniaux sont corrects, et surtout la
manière est séduisante. L’équipe est même méconnaissable avec l’an passé. Le mérite en revient à l’entraineur, à son manager avec un mercato vraiment réussi (enfin !). Cela nous donne une
équipe de Ligue 1 performante, même si les résultats à domicile demandent à être meilleurs, et une équipe très intéressante en Ligue Europa dans un groupe qui a la couleur de la Ligue des
Champions. On aurait tort de se plaindre !
Le discours n’est peut être pas à la hauteur. Antonetti dit souvent que l’équipe est en apprentissage. C’est plutôt le club qui l’est encore. Au bout de 13 ans de gestion Pinault. Il serait temps
qu’il grandisse quand même… A moins que l’on doive encore, à 13 ans, parler d’adolescence, et que l’âge adulte va bientôt arriver. A moins que le club ait pris du retard (époque Lacombe). Bref,
la prochaine étape du club devrait être d’assumer des ambitions.
Ca commence déjà par trouver la bonne formule. De ce côté-là, on n’en est pas loin.
Deux matchs viennent d’être joués en 3 jours. En
cette période de chaleur, la situation est certes difficile pour les organismes, mais également pour un club dont on se rend compte qu’il n’est pas taillé pour jouer avec cette fréquence.
Malmenés en première période à Belgrade, les rennais ont réussi une superbe seconde mi-temps pour aller s’offrir une victoire. Victoire de prestige, mais aussi une victoire plus qu’importante
puisqu’elle devrait ouvrir la porte des poules.
L’été n’est pas terminé que la saison est déjà
commencée. Un an où le public rennais devrait « passer par tous les stades ». Alors que nous avions laissé l’équipe aux abois en fin de saison passée, le Stade Rennais a réussi à
redémarrer avec une spirale aussi positive que prometteuse.
Comme convenu ou
presque, le Stade Rennais a abandonné la 5ème place qui lui était promise à Sochaux. Sans s’étendre sur ce fait, j’ose penser que c’est un bien pour le football : le jeu l’emporte
sur le physique. Preuve que le football a de beaux jours devant lui, enfin on l’espère ! C’est un bien aussi pour le club : peut-être les dirigeants vont-ils revenir sur leur politique
sportive à court, moyen et long terme. A court terme, ils seraient en tout cas bien inspirés après un recrutement catastrophique basé sur le physique, de recruter sur des compétences
techniques.
Il est temps que ça se termine ! Pour
couronner une fin de saison calamiteuse, Rennes a livré un dernier match à domicile sans aucune occasion. On pensait avoir tout vu, nous n’étions en fait pas au bout de nos peines. Le match à
Saint-Etienne, n’était, comme je le pensais, qu’un miracle. Le club est toujours cinquième. C’est triste à dire, mais c’est usurpé. J’en suis personnellement à souhaiter que Sochaux passe devant
dimanche prochain, pour donner une nouvelle preuve de prime au football et au jeu. Ce n’est pas la peine de revenir plus longtemps sur ce match. Mais tout de même : aucune occasion,
aucune envie. Quel est le mal du club ?
